Garden as a « landscape-charm » : Crossing of urbanities in the Strait of Gibraltar (Tangier, Morocco). - Archive ouverte HAL Access content directly
Theses Year : 2020

Garden as a « landscape-charm » : Crossing of urbanities in the Strait of Gibraltar (Tangier, Morocco).

Le jardin « porte-paysage » : Rencontre des urbanités dans le détroit de Gibraltar (Tanger, Maroc).

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Abstract

The thesis seeks to question the role of an informal garden, one that strongly conveys meaning, in understanding the relationship to the landscape of the people of Tangier. This interstitial garden would be not simply a recreational and decorative space, but also a landscape talisman. The object of the research is the study of vernacular gardens, sprung from a major urban phenomenon, initiated in the year 2000. A critical study of the local landscape, carried out through ethnobotanical, geographical and landscape observation of potentially coercive garden actions, is conducted in the current context of urban planning. In a way, the people of Tangier are walkers, surveyors, specialists of their environment. They derive a positive interaction with their surroundings in a metropolitan context: knowledge of flowers; resins; bees; wild animals; meteorological and geological phenomena. These are all heterogeneous elements that make up what can be called the landscape. This peculiarity of Tangier has allowed us to explore the urban fact from two angles. Firstly that of the secular city constantly reinvented in its territory. Then, that of the city as a contemporary reflection of modernity. The more global question underlying this research is: how does the garden induce a relationship with the landscape? In what way does the research carried out on an achetypal figure of the garden allow us to understand an extended relation to nature and the great territory? The informal and interstitial statuses of the spaces observed make them places of margins, of frontiers, which are precisely spaces of transformation and reception of otherness and not places of separation. The body of research is centred on the following question. How does the invisible, the ordinary, the "aspectacular" carry a form of reinvention of relation to the world? How does reweaving stories of gardens and gardeners allow us to conceive of a mode of relation to the earth that opens up other possible links to the living? How does the hybrid character of these spaces lead gardeners and those who are in contact with their skills, to deal with the instability of the contemporary world and to fit into the metropolitan expansion of the city? Through a series of actions, a range of modes of relations to the landscape is revealed in the study. The double temporality of the garden at the foot of a building is highlighted in this context. It is at the same time, something very much contemporary, linked to a rural exodus and a nearby peasant culture; and, to a certain extent, one of the prerequisites for urban construction, a "lucky charm" for newcomers. In this sense, the garden is the place of cultural continuity as well as a place for communities to participate in the construction or development of the city. The ethnographic survey and the importance given to land investigation, enables to envisage a new methodological approach to landscape sciences. In what way the method of reading the landscape is influenced by the characteristics of the site itself? In what way does it transform the person who evolves in it? The bundle of heterogeneous elements gleaned in the study, constitutes a semantics of the place, through effects of juxtaposition and a posteriori approximation. The tracking of clues and the capture of fragments are among the main tools of the field. Herbarium, photography and cartography are part of this documentary collection which constitutes an exsiccata whose thesis is intended to be the place of formulation and translation.
Cette thèse s’attache à questionner le rôle d’un jardin informel, fortement porteur de sens, dans la compréhension de la relation au paysage des Tangérois. Ce jardin interstitiel œuvrerait, non comme un espace simplement récréatif et décoratif, mais comme un talisman paysager. L’objet de la recherche est l’étude de jardins vernaculaires, nés dans un phénomène urbain massif, initié en l’an 2000. Une étude critique du paysage local, menée par l’observation ethnobotanique, géographique et paysagère d’actions jardinières potentiellement coercitives, est conduite dans le contexte actuel de planification urbaine. À certains égards, les Tangérois sont des marcheurs, des arpenteurs, des connaisseurs de leur environnement. Ils tirent une interaction positive avec leur milieu dans un contexte métropolitain : connaissance des fleurs ; des résines ; des abeilles ; des animaux sauvages ; des phénomènes météorologiques et géologiques. Autant d’éléments hétérogènes qui entrent dans ce qu’on peut nommer le paysage. Cette particularité tangéroise a permis d’explorer le fait urbain sous deux angles. D’abord celui de la cité séculaire sans cesse réinventée dans son territoire. Puis, celui de la ville comme reflet contemporain de la modernité. La question plus globale qui sous-tend cette recherche est : de quelle façon le jardin induit-il une relation au paysage ? De quelle manière la recherche portée sur une figure achétypale du jardin, permet-elle de comprendre une relation étendue à la nature et au grand territoire ? Les statuts informels et interstitiels des espaces observés, font qu’ils sont des lieux de marges, de frontières, qui sont précisément des espaces de transformation et d’accueil de l’altérité, et non des lieux de la séparation. Le corps de la recherche est centré sur la question suivante. Comment est-ce que l’invisible, l’ordinaire, « l’a-spectaculaire » est-il porteur d’une forme de réinvention de relation au monde ? Comment est-ce que, retisser des histoires de jardins et de jardiniers, permet-il de concevoir un mode de relation à la terre, qui ouvre sur d’autres liens possibles au vivant ? Comment le caractère hybride de ces espaces, conduit-il les jardiniers et ceux qui sont en contact avec leurs savoir-faire, à composer avec l’instabilité du monde contemporain et à s’insérer dans l’expansion métropolitaine de la ville ? Par un ensemble d’actions, une gamme de modes relationnels au paysage s’est révélée dans l’étude. La double temporalité du jardin de pied d’immeuble s’éclaire dans ce contexte. Il est à la fois, quelque chose de proprement contemporain, lié à un exode rural et à une culture paysanne proche ; et, dans une certaine mesure, un des préalables à l’édification urbaine, un « porte-chance » pour les nouveaux arrivants. En cela, le jardin est le lieu d’une continuité culturelle et le lieu d’un investissement des communautés, dans la construction de la ville. L’enquête ethnographique et l’importance octroyée à l’arpentage de terrain, permet d’entrevoir un renouvellement de l’approche méthodologique en sciences du paysage. En quoi est-ce que la méthode de lecture du paysage est-elle infléchie par le terrain ? De quelle manière transforme-t-il celui qui y évolue ? Le faisceau d’éléments hétérogènes glanés dans l’étude, constitue une sémantique du lieu, par des effets de juxtaposition et de rapprochement a posteriori. Le pistage d’indices et la capture de fragments, font partie des outils principaux du terrain. Herbier, photographie, cartographie entrent dans cette collecte documentaire qui constitue un exsiccata dont la thèse se veut être le lieu de formulation et de traduction.
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Origin : Version validated by the jury (STAR)

Dates and versions

tel-03028570 , version 1 (27-11-2020)

Identifiers

  • HAL Id : tel-03028570 , version 1

Cite

Eugénie Denarnaud. Le jardin « porte-paysage » : Rencontre des urbanités dans le détroit de Gibraltar (Tanger, Maroc).. Géographie. Institut agronomique, vétérinaire et forestier de France, 2020. Français. ⟨NNT : 2020IAVF0013⟩. ⟨tel-03028570⟩
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