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Theses Year : 2017

The social construction of the crowdfunding market in France

La construction sociale du marché du financement participatif en France

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Abstract

Since the end of the 2000s, crowdfunding platforms have been developing in France with the promise of a direct and disintermediated relationship between project owners and funders, facilitating access to funds for project owners and allowing French Internet users to fund projects of their choice. This PhD dissertation studies this phenomenon by combining ethnographic observation and interviews with various actors who have participated in the development of this activity. The research shows that the institutionalization of crowdfunding in France stems from a collective action involving industry professionals, representatives of public authorities, platform partners, and the media. While platforms defend a model of self-organization and autonomy, it appears that their development would not have been possible without the intervention of public authorities, who have created a favorable legal framework to crowdfunding, in order to change the relationship of the French population with its savings and to encourage the contribution to the economic health of new firms in a context of crisis. The study also shows that, despite the extreme heterogeneity of the three majority crowdfunding models studied (reward-based, lending-based, and equity-based), there is a collective effort to highlight common characteristics and to blur the heterogeneity of the sectors (on the one hand the world of cultural creation, on the other the world of finance). Platforms, as socio-technical devices, seek to present themselves as neutral instruments that favor a natural match between fund seekers and funders. This research shows that actually the growth of this financing model is the result of a market labor carried out by professionals in the sector to bring two types of users on their platform: the fund-seekers on one side and the funders on the other. The research also shows that the platforms strategic decisions try to balance out quantity and quality of projects. To reduce risks, platforms put in place qualification and project selection processes, often imported from traditional finance - contradicting the idea of democratization of access to funding. In their development efforts, they also seek to build relationships with traditional players from the world of finance. In doing so, they reintroduce new intermediaries that complicate the relationship between fund-seekers and funders.
Depuis la fin des années 2000, les plateformes de financement participatif se développent en France avec la promesse d’une relation directe, désintermédiée, entre demandeurs de financement et financeurs, en facilitant l’accès aux fonds pour des porteurs de projet et en permettant aux Français de financer les projets de leur choix. Cette thèse vise à étudier ce phénomène à partir d’une enquête combinant observation ethnographique et entretiens menés auprès des différents acteurs qui se sont organisés pour faire exister et développer ce secteur d’activité. L’enquête montre que l’institutionnalisation du financement participatif en France résulte d’une action collective impliquant des professionnels du secteur, des représentants des pouvoirs publics, des partenaires de plateformes et des médias. Alors que les plateformes défendent un modèle d’auto-organisation et d’autonomie, il apparaît que le développement des plateformes n’aurait pas été possible sans l’intervention des pouvoirs publics qui ont créé un cadre juridique favorable au financement participatif, au nom d’une volonté de faire évoluer le rapport des Français à leur épargne et d’amener ces derniers à contribuer à la santé économique des entreprises dans un contexte de crise. L’enquête montre aussi que par-delà l’extrême hétérogénéité des trois modèles majoritaires de financement participatif étudiés (don/contrepartie, prêt et capital), un effort collectif est fait pour mettre en valeur les points communs et gommer l’hétérogénéité des secteurs concernés (d’un côté le monde de la création culturelle, de l’autre le monde de la finance). Les plateformes, en tant que dispositifs socio-techniques, cherchent à se présenter comme des instruments neutres qui favoriseraient un appariement naturel entre des demandeurs de fonds et des financeurs. Cette recherche montre au contraire que l’essor de ce modèle de financement est le fruit d’un travail marchand mené par les professionnels du secteur pour recruter deux types d’usagers sur leur plateforme : des demandeurs de fonds d’un côté et des financeurs de l’autre. L’enquête montre les arbitrages opérés par les plateformes entre une logique de volume et une logique de qualité. Pour réduire le risque, les plateformes mettent en place des systèmes de qualification et de sélection des projets, souvent importés de la finance traditionnelle, qui entrent en contradiction avec les discours de démocratisation de l’accès au financement. Dans leurs efforts de développement, elles cherchent aussi à nouer des relations avec les acteurs traditionnels du monde de la finance. Ce faisant elles réintroduisent de nouveaux intermédiaires qui viennent complexifier la relation entre demandeurs de fonds et financeurs.
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Cite

Marine Jouan. La construction sociale du marché du financement participatif en France. Sociologie. Télécom ParisTech, 2017. Français. ⟨NNT : 2017ENST0052⟩. ⟨tel-03637607⟩
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